La première étape des SAS
- Arnaud MACHADO
- 9 août 2018
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 août 2025

« Cette première étape a été longue, surtout que pendant dix jours, je n’ai vu personne. Jamais je ne me suis senti aussi déprimé en étant en mer ! Cette édition Les Sables – Les Açores – Les Sables, on ne me l’avait pas vendue comme ça. Ça faisait deux ans que j’attendais de la faire et si on m’avait dit que ça se passerait comme ça, je ne me serais pas embêté, je serais resté sur mon lac !
On a pris front après front ! A l’arrivée de la grosse dépression, je me suis dit « ok, on va prendre cher », mais ensuite, ça a continué ! Franchement, c’était dur. J’espère que pour rentrer, cette fois, on aura du portant et pas près ! »
Je rêvais depuis longtemps de cette course...

Il n’y a pas eu beaucoup de temps entre la Mini Fastnet et le départ de la course. Seulement 2 semaines pour faire des réparations et convoyer le bateau entre Lorient et Les Sables ! A mon arrivée aux Sables nous sommes informés que la météo sera difficile surtout vers le Cap Finisterre. Après une préparation rapide mais efficace et avec un peu fatigue mais beaucoup de motivation, je suis parti pour les Açores !!! Ou plus précisément, Horta.
Première avarie dans le Golfe de Gascogne
Sous spi et un beau soleil, nous traversions du Golfe et atteignions les côtes espagnoles en deux jours. Malheureusement, dès le troisième jour de course, première avarie sur le bateau Pro Yachting. Nous venons de taper un OFNI (objet flottant non identifié). Heureusement pas trop de dégâts. Il a tapé le safran tribord et a juste arraché l’équerre à l’intérieur du bateau qui permet de renforcer le tableau arrière. Ouf ! le safran est toujours là et je m’empresse de faire la réparation dès que les conditions le permettent. Nous voilà en approche, toujours sous spi, du Cap Finistère... Je fais bien attention de bien respecter le DST (Dispositif de Séparation de Trafic) et décide de passer à l’extérieur pour faire tout de suite cap vers l’Ouest et essayer de traverser le plus vite possible une dépression pour récupérer les vents portant derrière elle.
Les consignes du comité de courses
Le problème c’est que ça ne s’est pas passé comme prévu… Nous avons eu un BMS (Bulletin météo Spécial) relayé par un bateau accompagnateur, nous informant que la dépression en question s’était creusée (devenait beaucoup plus forte que prévu). Et que le comité de course nous interdisait de naviguer au-dessus du 44e nord. Ne recevant pas ce bateau, je n’ai pas eu l’information tout de suite., Heureusement les concurrents nous ont relayé l’information via leur VHF. Je suis donc parti plein Sud pour éviter le gros du vent. Ce qui ne faisait pas mon affaire, moi qui était le plus nord et dans la pétole. Pas évident de fuir, surtout que j’étais au plus mauvais endroit si la dépression devait arriver rapidement. Je suis resté collé toute la journée à 2nd de moyenne, l’angoisse… Pire encore, le lendemain j’entends un bateau accompagnateur annoncer un nouveau BMS nous conseillant fortement de mettre la course entre parenthèses et de descendre en dessous du 42e nord, car la dépression passe beaucoup plus au sud que prévu. Vu mon manque d’expérience et mon niveau en météo, je suis la consigne à la lettre, pas le choix. Je n’ai pas vraiment envie d’affronter des vents qui montent jusqu’à 50nds ! A partir de ce moment-là, la course a complètement changé d’aspect.

Il fallait prendre la fuite au sud pour éviter le gros de la dépression. Ensuite il a fallu parcourir 800 milles nautiques avec le vent de face (au près). Il n’y avait aucun bord rapprochant, c’était l’enfer ! Comme s’ils avaient mis la bouée dans l’axe du vent devant Horta. Il a fallu encore passer trois fronts pour aller chercher des angles de vent plus favorable derrière eux, dans le dernier. Plus tard, la girouette s’arrache de mon anémomètre ce qui ne me permet plus d’avoir les infos de vent. Embêtant pour mon pilote auto…
Je dois tout faire en mode compas, beaucoup moins évident !
Dans les petits airs pour finir… Dans les derniers milles, il a fallu faire attention à ne pas tomber dans l’anticyclone. On voit bien sur la carto, à un moment, je suis tout prêt donc je m’arrête deux heures dedans puis je fais demi-tour direction plein nord pour l’éviter. J’ai dû monter une fois dans le mat pour enlever une latte qui sortait du mauvais côté et m’empêchait d’empanner et d’affaler la grand-voile.
La Deuxième Etape de SAS

C’est parti pour l’étape retour vers les Sables d’Olonne, après une escale très courte mais appréciée et assez efficace, durant laquelle nous avons tous pu récupérer, et réparer tous nos petits problèmes sur les bateaux. Pour ma part j’ai dû réparer le pilote … certaines voiles et faire l’avitaillement. Nous voilà repartis pour la seconde étape, le retour vers les Sables ! Le bateau PRO-Yachting et moi sommes plus motivés que jamais pour essayer de grappiller quelques heures afin de revenir au classement général.
Un superbe départ
Oui un magnifique départ sous spi devant le port de Horta avec 10/15 nœuds de vent Sud-Est. C’était de très belles conditions … Je me retrouve dans le groupe de tête en 5ème position pour attaquer la 1ère nuit ! Malheureusement le problème de pilote que j’avais eu lors de la 1ère étape a recommencé avec le même message d’erreur !
Garder le moral !
Grosse angoisse ! Je me dis que cela ne va pas être possible de tenir 7 jours sans pilote. Du coup, je prends la décision d’affaler les voiles afin de pouvoir aller régler le problème. Cela me fait perdre environ 30 minutes et, une fois reparti, plus de contact visuel avec les autres bateaux ! J'ai respecté le routage pour faire une meilleure trajectoire - c’est râpé ! Je me retrouve tout seul !!! Même à l’AIS et à la VHF pas de réception.

J’essaie de garder le moral, je me reconcentre sur ma course, ce n’est que le début !! Cela peut se rattraper, du moins je l’espère. C’est à ce moment que je décide de ne pas suivre le routage et d’aller tout de suite au Nord afin d’avoir un peu plus de pression que les autres et toucher plus de vent pour l’arrivée, car à la météo ils annoncent un anticyclone aux Sables d’Olonne dans quelques jours. Pour le moment au Nord, là où je me trouve, le vent est fort avec des rafales entre 15 à 20 nœuds et des creux de 4 à 5 mètres, cela va durer 5 jours. Physiquement c’est chaud ! ! Je suis trempé tout le temps !
Le Golfe de Gascogne
Enfin ! On est arrivé dans la zone du Golfe de Gascogne. Et l’anticyclone qui était annoncé aussi : plus de vent. La Pétole ! Le bateau est scotché, non manœuvrant au milieu du rail de Cargos ! Eux ils me passent très très près ; je ne fais pas le malin... Cela va durer 30 heures - la guerre des nerfs ! Mais dans ces moments difficiles j’ai eu la chance d’être accompagné par les dauphins. Et j’ai même eu un souffle de baleine tout près qui m’a fait sursauter. C’est extraordinaire ! On ose plus bouger. Sans oublier les merveilleux couchés de soleil !! Pendant la dernière nuit et matinée, je me bats jusqu’au bout et je réussi à gagner une place.
L'arrivée !

Enfin l’arrivée ! Ouf !! Quel bonheur ! C’est la 1 ère fois que j’arrive de jour sur les 2 Transats. Je fini donc à la 11ème place de cette 2ème étape, et au class
ement général des 2 étapes 13ème sur 38 bateaux de série. Je voulais remercier Monsieur le Maire de Sciez ainsi que ses conseillers municipaux qui m’ont encore fait confiance cette année en m’accordant leur soutien…Ainsi que Monsieur Stéphane Thevenet Pharmacien à Bonnatrait. Sans oublier mon Super Sponsor - P.Séguret PRO Yachting car sans lui je n’aurai pas pu m’aligner au départ de cette Course incroyable !
Et envisager une nouvelle Transat en 2019. MERCI !!! À tous ceux qui me suivent et me soutiennent… Arnaud Machado





