Mars : premières confrontations et cap sur les prochaines échéances
- Arnaud MACHADO
- il y a 11 heures
- 5 min de lecture

Trophée Laura Vergne : une première en double encourageante

Le mois de mars a marqué le retour à la compétition avec le Trophée Laura Vergne, première course en double de la saison, disputée aux côtés de Basile Gautier.
Une belle 9ᵉ place à l’arrivée, dans une flotte particulièrement relevée. Le circuit Figaro accueille cette année de grands noms de la course au large, des marins expérimentés et redoutables.

Se confronter à eux est un véritable challenge — exigeant, formateur, stimulant.
Naviguer en double demande coordination, confiance et lucidité dans les moments clés. Cette première confrontation valide le travail accompli cet hiver et donne une base solide pour la suite. L’objectif reste le même : apprendre, progresser et élever le niveau à chaque sortie.
La course :

Le Trophée Laura Vergne était la première course de ma saison. Une épreuve disputée en plusieurs étapes : d’abord une journée de parcours côtier en baie de Quiberon, puis un offshore de 48 heures en direction des îles des Glénan, avec un point virtuel à l’ouest de l’île d’Yeu, avant de remonter vers la baie de Quiberon pour couper la ligne d’arrivée à La Trinité-sur-Mer.
J’avais vraiment hâte de retrouver la compétition et de prendre le départ en tant que skipper afin de faire le point sur mon niveau en Figaro. C’était seulement ma troisième course sur ce support, et il y a énormément de paramètres à maîtriser, très différents du Mini 6.50 : gestion de l’ordinateur de bord, utilisation d’Adrena, analyse météo… Le routage devient un élément clé.
Parcours construits

Lors de la première course du dimanche, disputée dans du petit temps, nous naviguions dans les sept premiers bateaux. Malheureusement, à l’approche d’une bouée sous le vent, un concurrent nous a grillé la priorité. Pour éviter le contact, nous n’avons pas pu éviter la marque et sommes restés coincés dedans… Un incident frustrant qui nous coûte cher.
Deuxième manche : petit parcours côtier. De bien meilleures sensations, un bon départ, de bons bords. Nous étions dans les cinq ou six premiers, tout était en place : des manœuvres plus maîtrisées et un ensemble solide. À la clé, une belle 7ᵉ place derrière l’élite de la course au large.
L’offshore – 48 heures intenses

Le départ de l’offshore s’est fait dans des conditions moyennes. Nous avons pris un peu de retard sur la ligne — peut mieux faire — mais grâce à notre ténacité, nous avons réussi à remonter plusieurs places. Au passage de Belle-Île, nous étions dans le groupe de tête.
Le décor était extraordinaire : les bateaux manœuvrant au plus près des rochers de Belle-Île, un instant suspendu.
S’ensuit un long bord tribord amure jusqu’à la marque des Glénan. Nous mordons légèrement, involontairement, une zone interdite, ce qui nous vaudra une pénalité par la suite. Nous enroulons la bouée pour partir sur un bord rapide au travers vers une marque virtuelle à l’ouest des Glénan. Malgré notre volonté de rester au contact, l’écart commence à se creuser.
Puis vient un long bord sous spi dans des conditions rudes : peu de vent, de la houle, une navigation exigeante. Nous atteignons la deuxième marque virtuelle à l’ouest de l’île d’Yeu après une nuit glaciale qui laisse des traces. Mais avec Basile, nous ne lâchons rien. Nous tentons des choix stratégiques pour recoller à la tête de course.

Long bord bâbord amure dans 20 nœuds de vent (au près ouvert). Plus nous approchions de l’arrivée, plus le vent mollissait, rendant les choix tactiques déterminants pour entamer la dernière nuit. Nous tirons des bords dans un brouillard dense et humide, au contact du groupe de tête. La course est serrée. Après 48 heures en mer, les écarts sont infimes. Cela montre à quel point le niveau est relevé.
Je ne suis pas peu fier de nous voir, avec Basile, accrochés à ce groupe de tête où se mêle l’élite de la voile. Quelle fierté d’être là, parmi les grands. Si l’on m’avait dit un jour que j’aurais cette opportunité, je ne l’aurais jamais cru. Je mesure la chance que j’ai.

Le niveau est tel que la moindre erreur se paie cash. La moitié de la flotte devant nous était composée de skippers ayant déjà participé au Vendée Globe, certains ayant même remporté la Solitaire du Figaro une ou plusieurs fois.
Les axes d'amélioration :
Une entrée dans une zone interdite : 30mn de pénalité
Des choix stratégiques parfois non payants, notamment à cause de prévisions météo incertaines.
Des nuits très froides, heureusement bien équipé (merci les chaufferettes).
Les points positifs :
Une superbe entente avec Basile, très expérimenté en Figaro, j'ai énormément appris.
Une bonne vitesse du bateau grâce à beaucoup de travail sur les réglages.
Toujours dans le match, jamais très loin du groupe de tête.
On a rien lâché jusqu'à la ligne d'arrivée.
A retenir :
Une course technique, des manoeuvres, des placements stratégiques, mais aussi des paysages incroyables.

Quel bonheur d'être en mer, on continue d'apprendre et de progresser, hâte de retourner sur l'eau.
Une préparation physique qui se poursuit

La dynamique enclenchée cet hiver continue. Les Mercreride restent un rendez-vous incontournable : travail d’intensité, relances, endurance et esprit collectif.

En complément, les séances spécifiques se poursuivent pour préparer les prochaines courses. Le cardio, le renforcement musculaire et la récupération sont au cœur du programme. La saison est longue, le circuit exigeant : la régularité est la clé.
Petit aller-retour à la Trinité pour le convoyage du bateau, aller à la voile, retour en vélo, un parcours 100% écolo !!!
Cap Martinique : un accompagnement vers le grand départ

Depuis l'automne dernier, j’accompagne également deux skippers dans leur préparation pour la Cap Martinique, dont le départ est programmé à la mi-avril.

Un travail de fond, engagé sur la durée, mêlant préparation physique, stratégie, gestion de course et mise en condition mentale.

L’objectif est de les amener prêts, confiants et structurés face à l’exigence d’une transatlantique. Les voir progresser au fil des mois, gagner en autonomie et affiner leur projet est une vraie satisfaction.
Le coaching fait pleinement partie de mon engagement dans la course au large : transmettre, partager l’expérience et contribuer à faire grandir d’autres marins vers leurs propres défis.
Recherche de partenaires : un défi à part entière
En parallèle du sportif, le travail de fond continue sur la recherche de partenaires.

Dans un contexte économique complexe, convaincre et embarquer de nouveaux sponsors demande énergie, créativité et persévérance.
Nous multiplions les échanges, les présentations…
Mars a confirmé une chose : le niveau est élevé, le défi est immense… mais la motivation l’est tout autant.
Merci d’être dans l’équipe. La saison est lancée — et ce n’est que le début. Restez à bord.





